La tension monte dans les quartiers

 Samedi dernier 25 mai à Marseille , des Comités d’Intérêt de Quartier ( CIQ) avaient appelé à une manifestation pour dénoncer la présence des familles Roms et les nuisances et l’insécurité dont elles seraient la cause.

On se souvient que quelques mois plus tôt , dans la cité des Créneaux, des voisins avaient chassé violemment des familles sous les mêmes prétextes. Afin d’éviter de nouveaux affrontement des militants associatifs se regroupés auprès des familles Roms.

 Malgré des discours et des slogans hostiles, les organisateurs de la manifestation ont su éviter les provocations et les manipulations politiques venues de tout bord. 

Par contre, le soutien officiel a cette manifestation apporté par la mairie de la mairie d’arrondissement est particulièrement choquant. Seul des élus communistes se sont désolidarisés de ce soutien. Le maire d’arrondissement et le député socialiste, présents sur place se sont fait mettre sur la touche.

 

Si l’on peut expliquer sans pour autant approuver la démarche des certains habitants voisins l’attitude des élus dits de gauche qui depuis plusieurs années déjà refusent toute solution raisonnable et efficace pour venir en aide à ces familles est intolérable.

Certes le chefs du fil du Front National candidat à la mairie présent sur le terrain attise la haine avec habileté en mettant directement en cause non pas les familles Roms mais les élus de gauche comme de droite. Les prochaines échéances électorales risquent ainsi d’être l’occasion des pires excès au détriments de familles.

On lira ci-dessous une déclaration du porte parole d’EELV

Marseille. Sébastien Barles dénonce une « chasse aux Roms »

Publié le :
15/05/2013 à 14h35Par R.Chape
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Communiqué de Sébastien Barles, conseiller municipal de Marseille et porte parole régional d’EELV : »Chasse aux Roms : après les dérapages d’élus et de riverains, l’appel des CIQ . YA BASTA !

Elu volontaire auprès du Préfet interministériel Régnier pour trouver des solutions pour l’insertion des ressortissants roumains et bulgares d’origine Roms qui aspirent à une vie normale et à des conditions d’accueil dignes de notre devise trinitaire, je suis scandalisé par l’attitude des acteurs locaux pour faire face à cette question.

Après les propos populistes, voire racistes et culturalistes d’élus locaux ayant oublié que le rôle des élus de la République est aussi d’éclairer les citoyens et les consciences, de faire de la pédagogie des valeurs face aux sentiments d’exaspération sociale -souvent légitimes- ; après l’épisode des Créneaux, où des riverains s’en sont pris violemment à des roms qui squattaient un terrain, nous rappellant les pires heures où les pogroms faisaient florès en France et en Europe ; voilà maintenant l’institution de la Confédération des CIQ, qui appelle ouvertement à la chasse aux Roms en organisant une manifestation de stigmatisation et de haine le 25 mai.

Ces dérives montrent bien l’asphixie de la démocratie locale, l’agonie des dirigeants en place depuis trop longtemps et ayant tout oublié de l’héritage républicain, dans notre ville-monde dont la fraternité, le multiculturalisme, le brassage culturel et son creuset identitaire fédérateur sont pourtant les vraies richesses. Marseille a longtemps incarné jusque dans son slogan des soirs de match « fiers d’être marseillais » cette idéntité transcendante dont parle Elias Sambar dans Figures du palestinien, celle qui invente un universel pluriel et une identité commune libérée des déterminismes des origines des uns des autres mais tournée vers le rêve d’un avenir partagé, d’un vivre ensemble possible.

Les solutions sont pourtant simples pour assurer une bonne insertion des populations roms. De nombreuses collectivités montrent l’exemple par la volonté de leurs élus locaux en mettant en libérant du foncier en friche, en mettant en place des villages d’insertion, des filières économiques de valorisation des déchets, d’auto-construction… Les fonds européens existent pour financer ces projets permettant de lutter contre les discriminations subies par la plus grosse minorité ethnique européenne.

Face à la haine, à la stigmatisation de l’autre, aux préjugés ; face à l’incapicité des maires de gérer l’intégration de 2000 personnes souhaitant vivre le plus normalement possible et posant des problème car abandonnés dans la misère absolue et exploités, nous devons réagir.

Notre ville, dont le mythe fondateur est fondé sur l’accueil de l’étranger, ne peut devenir la honte de notre pays, le laboratoire pour toutes les dérives de rejet et d’exclusion.
Debout Marseille ! »