Elections municipales : et après ?

Voilà quelques mois déjà qu’interpellés sur les engagements pris envers les Roms Tsiganes et les gens du voyage, les responsables politiques répètent pour calmer nos impatiences le même refrain : on verra après les élections !! Eh bien nous y voilà ou presque. A la fin du mois, cette explication ne sera plus admise à moins qu’une élection n’en cache une autre : en juin les européennes et surtout en septembre les sénatoriales et puis encore après etc…

Ça suffit. C’est maintenant qu’il faut agir dans deux domaines essentiels :
Le projet de loi de Dominique Raimbourg sur les gens du voyage qui prévoit la suppression de la loi du 6 janvier 1969 et la remise à plat de la loi de juillet 2000 sur les aires d’accueil doit être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale sans délai. Certes les textes actuellement en cours de discussion sont imparfaits et parfois contradictoires, mais le vide juridique créé par la décision du Conseil Constitutionnel nécessite d’urgence de nouveaux textes.

Dans les prochaines semaines, de nombreux groupes de voyageurs en partie sous la responsabilité de groupes évangélistes vont à nouveau sillonner la France et seront confrontés aux refus des maires et à l’hostilité d’une partie de la population. Il est urgent que le gouvernement et, pas seulement, le Ministre de l’Intérieur donnent des directives précises aux Préfets afin de faire respecter le droit d’aller et venir qui permettent à ces groupes des conditions d’accueil satisfaisantes. On rappellera notamment que c’est la responsabilité directe de l’Etat de fournir des terrains nécessaires aux grands rassemblements comme ceux de l’association Vie et Lumière.

Rappelons une nouvelle fois ici que les voyageurs ne représentent qu’une partie des Tsiganes et que la question de la sédentarisation n’a toujours pas reçu de réponse satisfaisante. Certes la Loi ALUR, récemment votée, a entrouvert quelques pistes encore bien timides, mais il faut attendre les décrets d’application pour juger de l’efficacité de ce nouveau texte.

Le plan pluriannuel contre la pauvreté mis en place, il y plus d’un an, a du mal a être décliné localement. Il prévoit la réalisation de diagnostics territoriaux afin de cibler les publics dits invisibles. Nous avons eu l’occasion d’attirer l’attention sur les nombreuses familles qui dans la région sont dans une très grande précarité en matière d’habitat mais aussi de santé et d’accès à l’éducation. Nous participerons aux travaux du diagnostic 360° afin de faire entendre la voix de ces familles.

La DIHAL (Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement) doit être enfin dotée d’autorité et de moyens d’action efficaces pour appliquer les priorités qui lui ont été fixées. La résorption des nouveaux bidonvilles ne doit pas se limiter à des discours. La signature toute récente d’une convention avec le groupe ADOMA qui sera en charge de cette politique est un signe important. Il nous faudra veiller sur le terrain à ce que sa mise en oeuvre tienne compte des besoins réels et des aspirations des familles. Au lendemain des élections municipales nous aurons enfin à rappeler aux nouvelles équipes comme aux anciennes le respect de la loi et leurs responsabilités dans le maintien d’une cohésion sociale toujours fragile.

Marseille le 13 mars 2014
Alain FOUREST